Parmi les villes examinées dans cette étude, Singapour se classe au premier rang en matière de services, surpassant les autres villes pour la plupart des mesures évaluées. San Francisco, Stockholm, Copenhague, Séoul et Beijing sont aussi à l’avant-garde en ce qui concerne la prestation de services dans l’avenir.
Logement
Comme le met en évidence le volet de cet indice concernant la planification, le logement social est l’une des principales préoccupations des villes.
Singapour se démarque des autres villes sur le plan du logement. La Cité-État située sur l’équateur a fait du logement abordable de qualité une priorité, confiant au Housing Development Board (bureau du développement du logement) le mandat de construire de nouveaux logements abordables et de transformer les villes pour créer de la valeur et y améliorer la qualité de vie. Singapour jouit d’un gouvernement bien organisé qui dispose d’un mandat clair pour la mise en œuvre d’améliorations. Cela transparaît dans la façon dont la ville bonifie son offre de logement.
L’objectif de Singapour, défini dans le plan directeur de janvier 2013, est de construire jusqu’à 700 000 nouveaux logements d’ici 2030 pour répondre à la croissance prévue de la population. Le processus est déjà entamé pour la construction de près de 200 000 de ces logements. Bon nombre des 500 000 logements restants seront situés dans de nouvelles villes et de nouveaux ensembles résidentiels, sur des terrains intercalaires de villes existantes, sur des terrains libérés par le réaménagement d’anciens ensembles résidentiels, et sur des terrains vacants situés au centre-ville et en périphérie. Le rythme des nouvelles constructions dépendra de la demande réelle. Les villes existantes seront rajeunies par l’intermédiaire de programmes de développement financés par le gouvernement.
Copenhague, Édimbourg et Vancouver disposent aussi de programmes robustes en matière de logement.
La demande en logement à Copenhague va croissant : chaque semaine, 200 personnes provenant d’autres villes du Danemark ou d’autres pays y emménagent. Copenhague est une ville très convoitée en matière d’investissement et de développement dans le secteur immobilier, et 25 % des investissements en immobilier qui y sont faits sont d’origine étrangère. En 2013, la ville a amorcé la construction de logements d’une superficie totale de 2,5 millions de mètres carrés, et de 3 millions de mètres carrés supplémentaires à des fins commerciales, à titre de mesure préventive pour faire face à la croissance de la population anticipée. À l’heure actuelle, les ménages de Copenhague dépensent en moyenne 61 % de leur revenu disponible pour le logement. Seulement 20 % des logements de la capitale danoise sont occupées par leur propriétaire, et les unités restantes sont, dans une répartition quasi égale, des unités locatives privées, des logements coopératifs et des logements sociaux.
La municipalité de Copenhague a récemment instauré une exigence selon laquelle au moins un quart des nouveaux ensembles résidentiels doit être consacré aux logements abordables. Plusieurs municipalités avoisinantes ont aussi adopté ce concept.
À Édimbourg, la stratégie en matière de logement publiée cette année tient compte de l’augmentation de la population projetée (près de 17 % d’ici 2035) et attribue 5,2 milliards de dollars canadiens pour le développement du logement dans la ville. Elle inclut un engagement pour la construction de 50 000 maisons abordables d’ici 2020.
Dans le cas de Vancouver, la ville est régie par le district régional Metro Vancouver, un organe qui dirige un territoire couvrant 21 municipalités. Metro Vancouver a élaboré une stratégie régionale pour le logement abordable qui recommande une liste de mesures aux municipalités membres ainsi qu’aux gouvernements fédéral et provincial. La stratégie Metro 2040 fournit le cadre général de gestion de la croissance pour la région et sert de base à la stratégie régionale pour le logement abordable. Elle combine aménagement du territoire et planification des transports au niveau régional, et dirige la croissance vers les centres urbains et les zones de développement bien desservies par les services de transport collectif.
La ville est également appuyée par la Metro Vancouver Housing Corporation (société de logement de la région métropolitaine de Vancouver), une organisation sans but lucratif qui fournit des logements abordables aux ménages à revenu faible ou moyen.
Transport collectif
Tout comme le logement, le transport collectif exige d’importantes dépenses en capital, et les villes doivent souvent convaincre les gouvernements fédéral, provincial ou d’État, ou les investisseurs privés, du bien-fondé de leurs projets dans ce domaine.
Parmi les villes examinées dans cette étude, celles qui s’illustrent dans le domaine du transport collectif sont Singapour, Beijing, Séoul, Copenhague et Stockholm.
Les villes qui offrent la meilleure qualité de vie mettent l’accent sur les déplacements à pied et offrent généralement des systèmes de transport collectif étendus, abordables et de grande qualité qui permettent à leurs résidents d’avoir accès aux lieux de travail, aux écoles et aux différentes infrastructures de façon fiable et efficace. À Singapour, les trains et autobus comblent la plupart des besoins en matière de déplacement.
Le réseau ferroviaire de Singapour est la pierre angulaire du système de transport collectif de la ville. La Circle Line (ligne circulaire) a été inaugurée en 2011 pour relier les résidents de l’Est, de l’Ouest et du Nord sans passer par les nœuds ferroviaires du centre-ville. La Downtown Line (ligne du centre-ville), mise en service progressivement entre 2013 et 2017, vise à améliorer la connectivité pour les usagers du Nord-Ouest et de l’Est. La Thomson Line (ligne Thomson) desservira principalement la population du Nord, et sera mise en service progressivement, de l’année prochaine jusqu’en 2021. Avec l’ajout de ces lignes et de l’Eastern Region Line (ligne de la région de l’Est), le prolongement Tuas West et le prolongement de la ligne nord-sud, le réseau ferroviaire sera allongé d’environ 100 km d’ici 2021, pour atteindre 280 km.
D’ici 2030, le réseau ferroviaire sera étendu encore davantage par l’ajout de la Cross Island Line (ligne Cross Island) et de la Jurong Region Line (ligne de la région de Jurong), ainsi que par la mise en service de la sixième étape de la Circle Line (ligne circulaire), du prolongement de la ligne nord-est et du prolongement de la Downtown Line (ligne du centre-ville).
À Beijing, le plan quinquennal de la ville prévoit l’expansion du réseau de métro. La construction de quatre lignes de métro débutera cette année, et deux nouvelles lignes de chemin de fer seront achevées.
La construction de la ligne S6, qui reliera Beijing à Baizhou, ZhangJiaKou, TangShan, BinHai and ShijiaZhuang est également une priorité.
Beijing possède déjà douze nœuds de transport intermodal où les passagers peuvent passer du métro au bus, ou vice-versa. De plus, trois noeuds supplémentaires sont en construction, à Science City, à la station de métro Wangjing West et dans le district de Tongzhou. Ce dernier projet s’étend sur 70 hectares et, à terme, il s’agira du plus grand nœud de transport intermodal de Chine.
Depuis 2006, des systèmes de billets sans contact sont utilisés pour tous les modes de transport, et un nouveau système sera bientôt mis en place pour que les usagers puissent télécharger une application mobile permettant de numériser des codes QR.
Séoul travaille à l’élaboration de politiques en matière de transport qui encourageront les déplacements à pied, à vélo et à l’aide des services de transport collectif grâce à une gestion active de la demande et à des infrastructures centrées sur les personnes (espaces réservés pour les piétons, les cyclistes et le transport collectif).
Le réseau ferroviaire de la région métropolitaine de Séoul comprend 22 lignes de train régional, de métro et de système léger sur rail. Le prolongement de la ligne 9 du métro et de la ligne de chemin de fer Shinbundang est en cours, tout comme la construction de la ligne de système léger sur rail Sillim. On prévoit également l’implantation de huit nouvelles lignes de système léger sur rail.
Depuis l’instauration de voies médianes réservées aux autobus au début des années 2000, le réseau d’autobus s’est étendu d’environ 15 km par année, principalement sur les routes touchées par d’importants problèmes de congestion. Aujourd’hui, le réseau compte quelque 119 kilomètres de voies médianes réservées aux autobus, qui assurent un service rapide et sécuritaire et relient les principales artères. D’ici 2026, le réseau sera prolongé pour inclure 214 kilomètres de voies réservées aux autobus.
Séoul prévoit aussi d’élargir ses centres de correspondance et ses parcs de stationnement incitatif en zone métropolitaine.
Depuis 2017, la nouvelle ligne de train grande vitesse Gyeonggang relie l’aéroport d’Incheon et la ville portuaire de Gangneung, traversant le nord du pays d’une côte à l’autre pour relier Séoul à Pyeongchang, ville hôte des Jeux olympiques d’hiver. Il est maintenant possible de voyager par train de Séoul aux autres villes importantes de Corée en trois heures.
À Copenhague, les déplacements entre les quartiers périphériques et le centre-ville sont facilités par une combinaison de services de transport collectif et de pistes cyclables. Les citoyens profitent également d’une réglementation nationale qui exige que tous les nouveaux immeubles de bureaux soient construits dans un rayon de 600 mètres d’une gare ferroviaire.
Une deuxième ligne de métro, comptant 17 stations, devrait être inaugurée en 2019, et d’autres prolongements sont également en cours. D’ici 2024, une ligne de système léger sur rail dans le nord de Copenhague reliera six lignes ferroviaires et de nombreuses lignes d’autobus.
Tous les trains, métros et traversiers de Copenhague permettent aux cyclistes d’emporter leur vélo. Les passagers peuvent emporter leur vélo gratuitement à bord des trains, et au moins deux wagons sont munis de supports à vélo.
Toujours en Scandinavie, la ville de Stockholm traverse une période de développement emballante : de nombreux éléments de son système d’infrastructures sont en reconstruction, et le réseau de métro sera étendu par l’ajout de onze stations. Le transport ferroviaire par l’intermédiaire du réseau de métro demeure la pierre angulaire de l’infrastructure urbaine de Stockholm, ce qui explique pourquoi les services de transport collectif de la ville affichent un taux d’utilisation élevé. Il convient également de noter qu’environ 70 % des déplacements y sont effectués aux heures de pointe. Les décideurs politiques ont également réussi à mettre en place une taxe d’embouteillage pour la circulation dans la ville et sur les voies de communication principales.
Le plan directeur à long terme (2014-2025) actuellement en vigueur appelle les intervenants à se concentrer sur le développement d’infrastructures régionales pour améliorer la liaison avec les régions avoisinantes. L’implantation d’un service de train grande vitesse reliant Stockholm à Göteborg et à Malmö est prévue. D’autres projets ferroviaires et infrastructurels visant à accroître la capacité du réseau de transport sont également en cours, comme la construction de la route de contournement de Stockholm, qui permettra d’alléger la circulation sur l’autoroute principale qui traverse la ville. D’ici 2035, on estime que 140 000 véhicules utiliseront la route de contournement chaque jour.
Services de mobilité futurs
Selon notre évaluation, les cinq villes qui se classent en tête en matière de services de mobilité futurs sont San Francisco, Singapour, Beijing, Londres et Stockholm.
San Francisco offre de nombreux services de transport de point à point, faisant notamment appel à des scooters électriques, à des cyclomoteurs et à des vélos. La ville a mis en place un processus d’octroi de permis, ainsi que des programmes pilotes qui lui permettent d’examiner les données recueillies par les fournisseurs de ces services. De plus, des services sur demande accessibles par une application, ainsi que des services de transport coopératif et de partage de voitures y sont omniprésents, à un point tel qu’ils menacent le système de transport collectif. L’utilisation généralisée des services de transport coopératif et de partage de voitures réduit également la nécessité pour les résidents de posséder une voiture.
À Singapour, 12 % du territoire est réservé au développement des routes et autres infrastructures de transport. Avec une population croissante et plus d’un million de véhicules sur les routes, le défi consiste à optimiser l’utilisation de l’espace.
Beeline est un essai en matière de transports partagés mené par GovTech et la Land Transport Authority (LTA). Il s’agit d’une plate-forme de mobilité intelligente ouverte basée sur l’infonuagique qui a été conçue pour fournir des services d’autobus-navette connectés. La plate-forme permet aux utilisateurs de réserver une place à bord des autobus exploités par des entreprises privées. En mars 2017, Grab, une entreprise de technologie du secteur privé offrant des services de transport coopératif, a lancé un service de navette en collaboration avec GovSec. Le nouveau service, nommé Grab Shuttle, est propulsé par Beeline.
Dans le cadre d’ententes de partenariat distinctes avec la LTA, Delphi Automotive Systems et nuTonomy, des essais sont en cours pour valider des concepts de mobilité autonome partagée sur demande.
Si les essais sont concluants, les projets seront développés pour devenir des solutions de mobilité à grande échelle, et les résidents de Singapour profiteront d’un confort et d’une commodité accrus pour leurs déplacements, en particulier en ce qui a trait au premier et au dernier kilomètre, et aux déplacements intra-urbains.
Le secteur privé de Beijing offre des services de transport de point à point, de transport coopératif et de partage de voitures sur demande en vertu de politiques gouvernementales. Depuis 2016, la Commission de gestion du trafic de Beijing gère les réservations de taxis par Internet. L’année dernière, le ministère des Transports et le ministère du Logement et du Développement urbain et rural ont instauré une politique conjointe pour orienter le développement durable du créneau des mini-voitures de location. En 2016, le partage de vélos était en plein essor, et le nombre total de vélos atteignait 2,35 millions.
Classée au premier rang de notre indice, Seattle est à l’avant-garde à l’ère des villes intelligentes. Elle affiche un écosystème technologique robuste, qui comprend l’eScience Institute de l’Université de Washington et diverses sociétés axées sur les données, comme Microsoft, Socrata, INRIX et Zillow, qui travaillent en collaboration dans le cadre d’initiatives liées aux villes intelligentes, comme la conception d’un système de feux de circulation adaptatif qui réduira la congestion en détectant les véhicules.
À Londres, des essais de lignes d’autobus intelligentes ont mené à SmartRide, un service point à point hybride combinant autobus et taxis. On évalue également le potentiel offert par un service d’autobus à la demande : quatre itinéraires sont actuellement à l’essai. Uber propose déjà des services de transport coopératif, mais Daimler AG et Via lui emboîteront le pas en exploitant des services de conavettage dans la ville. De nombreuses sociétés d’autopartage mènent des activités commerciales à Londres, et d’ici 2025, la Car Club Coalition souhaite atteindre un million de membres grâce à la mise en œuvre de la London Car Club Strategy (stratégie d’autopartage de Londres).
La Suède offre d’autres exemples intéressants, les services de partage de vélos continuant de gagner en popularité à Stockholm. Le secteur de l’autopartage y est aussi en pleine expansion, et plusieurs entreprises sont maintenant actives dans la ville. En plus de réduire le nombre de voitures sur les routes, cette solution offre un moyen de transport abordable aux personnes qui ont besoin d’une voiture de façon ponctuelle seulement. Les services point à point et à la demande connaissent aussi une popularité croissante.
La mobilité-service (MaaS) joue un rôle important dans de nombreuses villes. Elle formalise l’offre de services de mobilité partagée en la commercialisant pour les déplacements personnels ou le transport de biens. Pour un déplacement donné, les utilisateurs peuvent tirer avantage d’une ou de plusieurs des solutions de mobilité partagée mentionnées précédemment pour obtenir une expérience optimale. Un large éventail de services à la demande est offert sur différentes plates-formes, variant selon la ville, le point de départ et la destination. La planification et les réservations pour les déplacements s’effectuent généralement à l’aide d’applications numériques ou de solutions similaires, et les coûts sont facturés à la pièce ou regroupés.
Les modèles de mobilité-service fonctionnent de façon optimale lorsqu’il existe déjà une offre de modes de transport variée, que l’accès aux données est relativement ouvert, que les exploitants proposent des services de vente ou de billets électroniques sans contact, et qu’ils sont ouverts à ce que leurs services soient vendus par des tiers.
Technologies d’avenir en matière de mobilité
Quatre villes se démarquent en ce qui concerne les technologies d’avenir en matière de mobilité : Singapour, San Francisco, Stockholm et Beijing. À Singapour, la LTA a conclu des accords avec des entreprises pour le développement de solutions visant à transporter des conteneurs d’un terminal portuaire à l’autre à l’aide de convois automatisés autonomes, et a également effectué une demande d’information en vue de la conception de véhicules industriels autonomes pour l’enlèvement des ordures et le nettoyage des rues.
Des essais de services de mobilité à la demande faisant appel à des véhicules autonomes ont débuté. Dans le cadre de ces essais, une flotte de navettes ou de capsules autonomes partagées permettra aux usagers de réserver une place à l’aide de leur téléphone intelligent afin d’être conduits de leur domicile à la gare de train ou à d’autres installations de leur quartier en tout confort, avec climatisation. Il s’agit d’une solution commode pour le premier et le dernier kilomètre, une solution qui favorise la mobilité des personnes âgées et des autres personnes qui pourraient avoir de la difficulté à utiliser les services de transport collectif actuels. De plus, un projet de trois ans et demi est en cours pour la conception et la mise à l’essai d’autobus autonomes, qui pourraient être déployés afin d’assurer le service à heures fixes pour les liaisons intra-urbaines et interurbaines.
À San Francisco, les politiques et stratégies concernant les véhicules connectés et autonomes sont établies par la Californie. L’essai d’une navette autonome est en cours à Treasure Island, une île artificielle située dans la baie de San Francisco. L’ordonnance pour une flotte de véhicules municipaux à émission zéro (City Fleet Zero Emission Vehicle Ordinance) exige l’électrification de la flotte de berlines de la ville d’ici 2022, et l’ordonnance de soutien aux véhicules électriques (EV Readiness Ordinance) exige que toutes les nouvelles places de stationnement permettent le chargement d’un véhicule électrique.
La stratégie de mobilité axée sur les véhicules électriques (Electric Mobility Strategy), qui vise l’électrification des véhicules personnels et s’appliquera à l’ensemble de la ville, établira une vision pour la réduction des répercussions négatives des transports personnels et prévoira des projets pilotes, des programmes, des politiques et des partenariats pour créer un secteur des transports à émission zéro.
À Stockholm, un projet intitulé eRoad Arlanda retient l’attention du monde entier, puisqu’il permettra aux véhicules électriques de se recharger en roulant. De plus, différentes mesures ont été prises afin de promouvoir l’électrification, dont l’initiative « inCharge » de Vattenfall AB, menée en collaboration avec plusieurs sociétés pour accroître l’accessibilité des bornes de chargement au public.
Le nombre de voitures électriques à Stockholm est en croissance, tout comme l’infrastructure de chargement. Le conseil municipal a voté en faveur d’une interdiction visant certains carburants dans certains quartiers centraux. On prévoit que cette interdiction, qui vise à améliorer la qualité de l’air, sera mise en œuvre en 2020. Le principal fournisseur d’autobus destinés au transport collectif de Stockholm envisage la possibilité d’électrifier la majeure partie de sa flotte. Ce changement pourrait survenir d’ici 2026, soit le moment où l’entente actuelle en matière de transports sera renégociée.
En 2017, le gouvernement de Beijing a amorcé la mise en œuvre d’une politique en vertu de laquelle des installations pour le chargement des véhicules électriques doivent être offertes tous les 5 kilomètres. Le ratio minimal entre le nombre d’installations de chargement et de places de stationnement est de 1:4 pour les nouveaux immeubles à bureaux, de 1:5 pour les immeubles commerciaux et les parcs de stationnement communautaires, de 1:1 pour les ensembles résidentiels et de 3:20 pour les autres bâtiments publics, comme les hôpitaux, les écoles et les installations culturelles. En mars 2018, Beijing a instauré son premier examen pratique pour l’obtention d’un permis de conduire destiné aux voitures autonomes.
Connectivité et infrastructure technologique
En matière de connectivité et d’infrastructure technologique, cinq villes se distinguent : Montréal, Seattle, Vancouver, Séoul et Calgary.
En 2016, Montréal a été nommée « Communauté intelligente de l’année » dans le cadre de l’Intelligent Community Forum. La ville a été reconnue pour son utilisation innovante des technologies de l’information et des technologies de communication à des fins de prospérité économique, de résolution de problèmes sociaux et d’amélioration de la qualité de vie, notamment en matière de transport et de mobilité. Montréal a créé le Bureau de la ville intelligente et numérique en 2014 et a lancé 70 projets par l’entremise du Plan d’action Montréal, ville intelligente et numérique 2015-2017. Déjà reconnue pour sa vitalité dans le domaine des technologies numériques, Montréal souhaite devenir un chef de file mondial parmi les villes intelligentes et numériques.
Au milieu des années 1990, Seattle évaluait régulièrement l’état de ses services à large bande et de ses infrastructures. En 1996, la ville a installé 885 kilomètres de fibre optique, dont la capacité demeure largement inutilisée à ce jour. La ville loue toutefois une partie de cette infrastructure à des entreprises privées. Seattle tire avantage de partenariats public-privé (PPP) avec des fournisseurs comme Xfinity, CenturyLink et Wave qui lui permettent d’explorer différentes occasions d’améliorer l’accès à Internet pour ses citoyens.
Étant donné que le gouvernement fédéral a compétence exclusive en matière de télécommunications câblées et sans fil au pays, la région métropolitaine de Vancouver jouit d’une influence limitée dans ce domaine. La ville de Surrey, qui fait partie de la région métropolitaine de Vancouver, a toutefois posé les bases de sa réussite dans le nouvel âge de la connectivité numérique. D’ici la fin de l’année, l’infrastructure de fibre optique permettra à 90 % des entreprises et des résidences de Surrey de profiter d’un accès Internet à haut débit, et reliera la ville aux réseaux à large bande du reste du Canada, à l’est, et à ceux de la Californie, au sud, grâce au Cascadia Innovation Corridor. La ville de Surrey souhaite devenir une plaque tournante en matière de services numériques dans la région métropolitaine de Vancouver.
En Asie, Séoul s’impose comme un chef de file dans le secteur des industries intelligentes, et l’infrastructure de communication y est bien établie. La Corée du Sud compte 21 millions de connexions Internet à haut débit et 64,3 millions d’appareils de communication sans fil. Compte tenu de la population du pays, qui est de 51 millions, il s’agit d’un niveau d’utilisation très élevé des technologies de communication.
À Calgary, la ville a élaboré progressivement des stratégies relatives aux réseaux de fibre optique pour assurer la connectivité numérique requise et améliorer l’accès aux services numériques de la ville. Sa stratégie numérique (Digital Strategy) est un plan à long terme visant à tirer parti des plates-formes numériques pour permettre aux citoyens de communiquer et d’interagir entre eux ou avec différents paliers de gouvernement. Cybera, une agence technologique sans but lucratif, a élaboré un rapport sur les infrastructures numériques (Digital Infrastructure Report) qui offre un aperçu détaillé de l’état actuel de l’Alberta en matière de connectivité réseau, de centres de données, de ressources de haute performance et infonuagiques, de sensibilisation et de protection en matière de cybersécurité, ainsi que de politiques et procédures pour la gestion des données. Ce rapport inclut également un examen général des infrastructures numériques de la province.
Données ouvertes
En ce qui a trait aux données ouvertes, ce sont Washington, Mexico, Stockholm et Calgary qui occupent les premières places de cet indice.
À Washington, l’Office of the Chief Technology Officer a mis en place, par l’intermédiaire de son plan complet (Comprehensive Plan), des objectifs et programmes visant l’amélioration continue de l’infrastructure numérique (réseaux sans fil, fibre optique et télécommunications à large bande) dans toute la ville. Le district reconnaît l’importance de la connectivité numérique pour les résidents et les entreprises, ainsi que son caractère vital pour le développement économique. On met aussi l’accent sur l’équité en déployant des efforts substantiels pour assurer l’accès aux citoyens issus de milieux socioéconomiques défavorisés.